vendredi 7 octobre 2016

Mia Zabelka - Ivo Perelman Art of the Improv Trio - Simon Nabatov - Annette Giesriegl & Udo Schindler - Chefa Alonso & Tony Marsh

Mia Zabelka  Monday Sessions Creative Sources CS 320

Voici un beau témoignage d’une pratique contemporaine du violon enregistrée en concert. Travail très personnel sur la gestuelle et le son acoustique de Mia Zabelka, personnalité active en Autriche et qu’on croise sur les scènes européennes. On l'a découverte avec Maggie Nicols et John Russell dans un excellent Trio Blurb (Extraplatte 821-2). Ces Monday Sessions me rassurent car j’avais trouvé son précédent opus en solo un peu superficiel avec un son électrifié qui gommait la spécificité du violon, et la musique disons, « expérimentale ». Et c’est bien ces possibilités expressives sonores et kinesthésiques qui sont mises ici en valeur dans une dizaine de pièces développant soigneusement un aspect  bien typé de l’instrument. Il y aussi une  intervention vocale proche de la poésie sonore que j’apprécie vraiment (Oscillations). Mia Zabelka va chercher des sons inouïs, sorte de sabir de sorcière sous hypnose. Strömungen est le lieu où l’instrument gratté, percuté et frotté se transforme en discrète boîte à bruits alien. Imminent Disaster voit actionner l’archet de bas en haut de manière compulsive et incarne sa dimension expressionniste. Avec Entfremdung, on peut mesurer sa capacité à sublimer l’instrument comme marqueur culturel et en faire un objet sonore, à creuser jusqu’à l’extrême les propriétés astringentes de l’archet sur les quatre cordes presque simultanément en les pressant sans relâche laissant s’échapper des microsons hyper-aigus. Stream of Consciousness est une belle construction spontanée où des éléments apparemment disparates s’enchaînent comme dans un rêve. Voici un superbe ouvrage qui, s’il ne fait pas montre de la maestria violinistique exceptionnelle des solos enregistrés de Carlos Zingaro ou de Malcolm Goldstein, atteint le même haut niveau musical et de liberté par l’ expressivité, la sensibilité, et un goût irrépressible pour un son brut, hanté. De la free-music sans concession.   Sans de tels albums, mon blog perdrait sa raison d’être.

Ivo Perelman The Art of Improv Trio
Volume 1 Karl Berger & Gerard Cleaver Leo CD LR 771
Volume 2  Mat Maneri & Whit Dickey Leo CD LR 772
Volume 3 Matthew Shipp & Gerard Cleaver Leo CD LR 773
Volume 4 William Parker & Gerard Cleaver Leo CD LR 774
Volume 5 Joe Morris & Gerard Cleaver Leo CD LR 775
Volume 6 Joe Morris & Gerard Cleaver Leo CD LR 776


Six albums Leo, six pochettes ornées d’œuvres graphiques / picturales en noir et blanc très expressives d’Ivo Perelman, sorte de calligraphie imaginaire et spontanée. Ses traits vifs sur la surface blanche semblent tracés d’une main sûre à l’instar des volutes de son jeu au saxophone ténor : tous deux portent son empreinte secrète.  Le trio semble être le nombre d’or de l’improvisation en matière de groupes, depuis Sonny Rollins au Village Vanguard, Bill Evans, Albert Ayler et Spiritual Unity, Ornette Coleman avec Moffett et Isenzon, le trio Schlippenbach etc… En trio donc, Ivo Perelman seconcentre dans les échanges avec ses fidèles : Matthew Shipp, le pianiste  avec qui il a gravé des duos mémorables (Callas, Corpo), le violoniste alto Mat Maneri, le batteur Whit Dickey, le contrebassiste William Parker, Joe Morris à la guitare ou à la contrebasse, Gerard Cleaver qu’on retrouve  dans cinq des six volumes et Karl Berger au piano. Ivo a enregistré récemment des albums en duo avec chacun d’eux (sauf Parker) et certains d’entre eux cultivaient des couleurs particulières. Je pense à Two Men Walking avec Mat Maneri ou Blue avec  Joe Morris, Tenorhood avec Whit Dickey et bien sûr les dialogues avec Shipp dédiés à la Callas. Ce qui frappe quand on écoute systématiquement ses albums au fil des trimestres dès leurs sorties, c’est la capacité du saxophoniste brésilien à improviser dans d’infinies variations, sa voix chaleureuse détaillant les nuances du registre aigu de l’instrument avec une qualité chantante, passionnée unique, tellement lyrique et amoureuse de la vie qu’il ne donne pas l’impression de se répéter. Gerard Cleaver, un batteur puissant croisé dans de nombreux groupes, se fait ici un discret poète des sons, des vibrations rythmiques avec une rare réactivité sensible et intuitive. Le but premier d’Ivo Perelman est de créer une conversation à trois où chaque participant improvise en permanence sur un pied d’égalité, le saxophone vis-à-vis de la basse, de la batterie  ou du piano, plutôt que de souffler en soliste accompagné ou propulsé par les autres musiciens. La conséquence est que son jeu s’est transformé, devenu moins éruptif depuis l’époque où il enregistrait avec Rashied Ali avec une énergie expressionniste égale à celle d’Albert Ayler. Il faut avoir entendu For Helen F (Boxholder 038/039) pour se rendre compte de l’existence de ce brûlot incandescent. Sans doute certains des albums précédents sembleront musicalement plus achevés, on pense au Counterpoint avec Morris et Maneri, à Two Men Walking,  aux duos précités avec Matt Shipp. Mais cet art de l’improvisation en trio en six volumes lui permet de chercher d’autres chemins dans les méandres du souffle et des notes étirées, altérées, ces étoiles filantes au firmament de l’inspiration. Des décennies après Ben Webster, Don Byas, Getz, Coltrane, Ayler, Sam Rivers, Ivo Perelman renoue avec cette inspiration illuminée, cette sincérité libre de tout calcul qui dit l’essentiel en renouvelant incessamment sa quête. On trouve là une démarche évoquant l’Archie Shepp des concerts enflammés (Three For A Quarter One For A Dime, Impulse), la virulence revendicatrice en moins. Le Shepp  des sixties était littéralement emporté par sa section rythmique projetant le son vers l’audience comme s’il haranguait une foule. Le référentiel du cri de Shepp vient clairement du preaching des pasteurs de l’Eglise Noire des discours enflammés de Malcolm X. Si Perelman a en commun avec le vétéran du free-jazz une incroyable aisance dans l’inspiration mélodique, il joue dans un registre nettement plus détendu et complexe en s’adressant avant tout à ses deux partenaires, sans parler de son extrême facilité dans l’aigu, où il fait chanter les notes les plus hautes de manière aussi unique que Stan Getz la saudade avec Astrud Gilberto. C’est avant tout la qualité d’écoute mutuelle et la finesse des réactions au sein du trio qui est au centre de leur message musical. En effet, et c’est bien là la différence avec le free jazz initiatique de la génération Ayler /Shepp, outre le fait que la musique de Perelman et ses partenaires est entièrement improvisée (sans thème écrit, ni motif mélodique ou rythmique récurrent), le message que celle-ci transmet se situe plus au niveau des relations entre chaque musicien comme s’ils incarnaient l’antidote au marasme sociétal actuel. L’écoute, le dialogue, la compréhension doivent être au centre des relations humaines pour que la société évolue positivement.  La musique de Shepp comme elle est documentée dans le brûlot  enregistré Live At Donaueschingen en 1968 était un cri de guerre contre l’injustice raciale,  une dénonciation virulente contre les souffrances infligées à son peuple… Shepp étant le leader incontesté, les autres servent son discours. Chez Perelman, même s’il est le personnage central, chacun est soliste à part entière, les hiérarchies sont effacées (même si c’est le son du sax ténor qui attire l’écoute) et les autres ont tout le loisir et la liberté de s’exprimer : la seule contrainte est d’écouter en permanence et d’interagir au mieux.
Autre particularité de Perelman : il a quelque chose de Lol Coxhill dans l’insistance à plier quasi toutes ses notes, à en altérer les intervalles de manière homogène sur toute la gamme. Et puis, si on écoute avec attention, se révèle l’insoupçonnable cheminement entre les particules sonores renouvelant plage après plage, disque après disque, la raison d’être de ses six volumes : si la démarche spontanée de Perelman est intarissable, on ne s’en lasse pas. Même s’il faudra bien quelques semaines pour en mesurer l’étendue. Il m’est difficile d’épiloguer plus avant sans que je me répète, mon blog ayant déjà tenté de décrire, décrypter et commenter ses enregistrements….  Là où l’improvisation libre et le jazz free se rencontrent !

Simon Nabatov Trio picking order Leo CD LR 765

Simon Nabatov est omniprésent sur le label Leo  d’abord pour son grand talent de pianiste et aussi parce qu’il est originaire de Moscou avant d’avoir émigré à New York avec ses parents et étudié la musique à la Juilliard School. Leo nous a fait découvrir les improvisateurs de l’ex-U.R.S.S. (Ganelin Trio et Sainkho Namchylak) et s’est attaché à les publier sans discontinuer. Donc, on ne trouve pas moins de 20 albums de Simon Nabatov sur le catalogue Leo avec des partenaires comme Frank Gratkowski, Nils Wogram, Matthias Schubert, Mark Dresser, Ernst Reyseger, Phil Minton, Tom Rainey, Mark Feldman, Han Bennink, Luk Houtkamp et tout çà depuis 2001, année où il avait initié sa présence sur le label avec l’excellent Nature Morte en compagnie de Phil Minton, Frank Gratkowski et Nils Wogram. Il peut s’estimer heureux, si on compare le nombre d’albums de Fred Van Hove, le pianiste préféré des praticiens et connaisseurs de la free music européenne, ces vingt cinq dernières années. Simon Nabatov est un pianiste virtuose absolument remarquable avec un background classique impressionnant et une capacité à improviser dans différentes directions entre jazz d’avant-garde et improvisation libre avec l’éclairage de la musique contemporaine. Les musiciens avec qui il a travaillé intensivement sont des artistes passionnants comme le saxophoniste et clarinettiste Frank Gratkowski et le tromboniste Nils Wogram. Récemment, il collabore avec des artistes de musique traditionnelle. Ici, picking order est un trio piano basse batterie somme toute classique et ses partenaires sont de solides musiciens. La musique très libérée (par rapport au jazz contemporain), à la fois dense, lisible, intelligente et parfois ébouriffante (quel pianiste !), requiert l’attention sans répit avec une réelle exigence. Il y a çà et là des choses audacieuses (même par rapport au free-jazz). Le tandem contrebasse batterie de Stefan Schönegg et Dominik Mahnig joue très professionnellement avec une certaine finesse, comme des jazzmen qui se mettent à improviser le plus librement possible tout en maintenant une forme de construction qui respecte le gabarit du trio piano- basse-batterie et avec des réflexes issus de cette pratique. Mais pour quelqu’un comme moi qui recherche l’originalité et l’invention et qui a été biberonné dans la musique de Fred Van Hove, Irene Schweizer, Paul Lovens, Paul Lytton, Maarten Altena, Evan Parker, Derek Bailey, Paul Rutherford, Gunther Christmann, Phil Wachsmann, Roger Turner etc… je trouve ce jeu en célérité un peu sans saveur, même si l’énergie n’est pas feinte. Je ne vais pas vous faire le coup du «je ne m’intéresse qu’à la musique improvisée non-idiomatique», car ceux qui parcourent mon blog savent que j’ai des goûts assez variés. Mais je préfère toujours l’originalité, le risque, l’imagination, la fantaisie, la recherche personnelle, le musicien qui ne ressemble à aucun autre, etc…  La technique instrumentale ne suffit pas à mes oreilles. Gageons que ses musiciens mûrissent et trouvent leur propre voix/voie créative. Sinon cela s’écoute avec intérêt et pour quelqu’un qui veut s‘initier au jazz libre / à l’improvisation à travers le piano, c’est une bonne porte d’entrée vers ces univers.

SO{U}NDAGES Annette Giesriegl & Udo Schindler Creative Sources cs319 cd

J’avais reçu un paquet de cd’s Creative Sources  tellement copieux que je n’ai pu faire la chronique de toutes les choses vraiment remarquables dans les deux mois de leur réception. Donc, je me rattrape avec un duo voix – clarinettes des autrichiens Annette Giesriegl et Udo Schindler avec de nombreux mois de retard alors que Creative Sources a déjà produit des dizaines d’autres albums. Annette, sur la photo de pochette chante dans un micro et Udo embouche une clarinette contrebasse. On l’entend aussi à la clarinette basse, au sax soprano et au cornet. Il s’agit d’une première rencontre lors d’un concert au festival Klang & Kunst à Vienne en novembre 2014 et le cd contient son entièreté dans l’ordre où cette musique a été jouée. Il y a cinq pièces : la première de 6’ en guise d’échauffement (j’entends qu’au tout début la voix d’Annette n’est pas entièrement assurée). Ensuite trois longs développements (12 :48, 13 :53 et 10 :57) et un final de 5 :15.  Les excellentes notes de pochette sont rédigées par Veryan Weston avec qui la chanteuse a collaboré, il y a quelques années (Different Tessellations Emanem 5015). Comme le souligne Veryan Weston, Udo construit sa musique au départ des propriétés de chacun de ses instruments et Annette travaille le son de sa voix en se référant avec une vraie flexibilité aux propriétés sonores des instruments de son partenaire. Elle utilise tout l’éventail de ses nombreuses possibilités vocales en les développant de manière très intelligente par rapport au cheminement du souffleur, et l’imagination est vraiment le moteur de sa démarche. L’écoute profonde est au rendez-vous tout autant qu’une réelle indépendance de chacun par rapport à l’autre. Donc très peu de mimétisme premier degré et c’est au niveau des détails, des intentions, du second degré, et de la finesse que cette écoute est palpable. Certains supporters acharnés de la free-music se focalisent sur les artistes réputés / notoires parmi lesquels certains nous inondent d’albums qui ne nous apprennent plus grand chose (même si on adore). Peu essayent de prêter une oreille curieuse à des artistes quasi inconnus tels que le duo de SO{U}NDAGES. Même si Udo Schindler ne fait pas montre de virtuosité, il fait plus qu’assurer, inspirant la réelle fontaine vocale, intarissable d’idées neuves, qu’incarne Annette Giesriegl, celle-ci étant à la fois une véritable stratège et tacticienne sur la durée en offrant toute la gamme de ses phonèmes, vocalises, harmoniques, effets vocaux etc.. quasiment sans se répéter durant les trente-huit minutes du concert et en conservant une logique interne très précise et des timbres personnels. C’est avec la technique du chant diphonique que le concert se clôture et j’apprécie sa manière de faire varier cette approche vocale (il faut savoir le faire), ce qui, sans cela, serait un gimmick.
Quoi qu’on puisse dire « au niveau technique » (beaucoup croient que c’est facile de chanter « en délirant » *), on trouve dans cet album une qualité fondamentale : savoir gérer au mieux son bagage musical, sonore et l’improvisation au fil des secondes de manière que la musique fasse sens et que chaque moment renouvelle ce qui a déjà été dit. Un vrai plaisir !!

Good Bye Red Rose Tony Marsh & Chefa Alonso Emanem 5043


Situé à l’arrière d’un pub fameux de la Seven Sisters Road, à deux pas de la gare de Finsbury Park, le Red Rose Comedy Club était une salle à l’acoustique parfaite où John Russell (et Chris Burn) a organisé un concert mensuel de 1991 à janvier 2008. Un nombre incalculable d’improvisateurs et d’artistes ont pu y présenter leur musique, car d’autres événements y avaient élu domicile bien avant l’existence du New Vortex à Dalston, du Café Oto, d’Iklectic et d’ Hundred Years Gallery. J’y ai croisé Hugh Davies, Adam Bohman, Terry Day, Lol Coxhill, Steve Beresford dans le public. Le dernier concert de clôture avant que le local fut transformé en luna park par le nouveau locataire du complexe, eut lieu le 20 janvier 2008 et Good Bye Red Rose nous livre deux beaux échanges entre la saxophoniste soprano espagnole Chefa Alonso et le batteur Tony Marsh enregistrés à cette occasion. Les autres morceaux datent de la même année. Trois improvisations au Flim Flam de 9 :51, 9 :03 et 15 :57. La dernière plage est consacrée  un extrait de concert à Huesca. Survolant les pulsations croisées de ce maître des rythmes et des timbres du batteur aujourd’hui disparu, Chefa Alonso s’aventure dans un tourbillon de notes éblouissant et chaleureux, aux intervalles étirés, sinueux , à l’attaque du son à la fois franche et fugace, souvent en respiration continue. Le batteur Tony Marsh est un vieux routier du jazz qui nous a quitté trop tôt. Cet incontournable de la scène londonienne a joué intensivement avec Evan Parker, Elton Dean, Marcio Mattos, Paul Dunmall, Neil Metcalfe, Lol Coxhill, Nick Stephens, Chris Briscoe, Didier Levallet, etc... Avant de nous quitter, TM a enregistré un Tony Marsh Quartet assez particulier et intriguant avec le flûtiste Neil Metcalfe, la violoniste Alison Blunt, la violoncelliste Hannah Marshall dans un registre musique de chambre / improvisation libre (Quartet Improvisations psi 11.06) et curieusement Stops (Psi 10.07), un album intitulé à son seul nom mais en duo avec Veryan Weston à l’orgue d’église (Stop Organ en anglais). Comme quoi il ne faut pas trop cataloguer les improvisateurs et coller une étiquette « free-jazz » parce qu’on a entendu très souvent un batteur dans des formations archétypiques « souffleur – basse – batterie ». Donnez-lui l’occasion de publier des albums à son nom et il vous sort des choses atypiques comme ces Quartet Improvisations et ces Stops.

J’aime particulièrement ce Goodbye Red Rose parce que c’est un excellent exemple d’un percussionniste  issu du jazz qui s’adonne à l’improvisation totale en étendant ses techniques de frappe tout en restant dans le cadre du jeu de batteur « conventionnel ». Il fait chanter les fûts et démultiplier rythmes et pulsations en toute liberté. Le développement de l’improvisation libre fin des années 60, début des années 70’s etc… nous a fait découvrir des percussionnistes qui altéraient radicalement les paramètres de la percussion tant au niveau des instruments, des techniques et des sonorités : Paul Lovens, Paul Lytton, Eddie Prévost, Roger Turner, Lê Quanh Ninh. Tony Marsh reste fidèle à la conception établie de la percussion, mais son jeu a une réelle consistance, une urgence, une lisibilité, crée un dialogue – échange avec sa partenaire. Il se révèle aussi énergique que respectueux de la dynamique requise pour établir un équilibre à poids égal avec la saxophoniste. Celle-ci s’engage dans un jeu serré et lyrique d’une réelle complexité, comme celle des harmonies qui sous-tend le choix de ses notes, cette course en avant vif-argent et ses croisements de doigtés particuliers. Elle ne se départit pas d’un choix assumé de fausser intentionnellement ses notes de manière à créer un réseau microtonal, homogène sur la durée entre les différentes hauteurs et clés. On songe bien sûr à Lol Coxhill, si on veut chercher une comparaison, en précisant bien que Chefa Alonso, qui a eu un rôle déterminant dans la scène improvisée en Espagne, a son langage propre et qu’une fois l’avoir entendue, sa voix musicale nous reviendra en mémoire. Le duo renouvelle son jeu et les trames sur lesquelles il développe ses improvisations. Excellent et propre à mettre le feu aux poudres au Red Rose. 

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