Industriesalon Marina Dzukljev Christian Weber Michael Griener Trouble in The East Records
https://www.troubleintheeast-records.com/product/dzukljev-weber-griener/
Trio “Classique” du jazz contemporain piano contrebasse percussions enregistré le 16 avril 2025 à Industriesalon Schöneweide, Berlin, l’un des très nombreux lieux où jouer et écouter ce jazz improvisé d’avant-garde, ici résolument contemporain improvisé et « exploratoire » dans trois pièces : 1/ Glimmstabilisator 08:10 2/ Resistor 31:48 3/ Empty Gloves 12:20 .
Marina Dzukljev est une pianiste de Novi Sad qui après avoir étudié le piano et la musique s’est lancé dans les musiques improvisées les plus pointues tout en s’investissant à organiser workshops, concerts collectifs en Serbie. Présente sur les scènes allemandes, hongroises, slovènes etc…, elle a travaillé avec des artistes comme son compatriote l’altiste Szilard Mezei et des chercheurs radicaux comme Noid, Ilya Belorukov, Dieb13. Michael Griener provient de la scène musique improvisée du nord de l’Allemagne, Berlin, Hanovre etc.. et y est sans doute un des percussionnistes les plus actifs tant avec Günther Christmann que Rudi Mahall, Jan Roder, Axel Dörner. Le contrebassiste suisse Christian Weber est un des nombreux improvisateurs de ce pays qui ont pris le relais de la première génération comme Irene Schweizer. Leur trio est particulièrement soudé et ouvert au niveau des sonorités étendant les acquits du jazz libre vers la dimension « nouvelle musique contemporaine », des formes nouvelles extensibles et une qualité d’explorations dans les échanges et les techniques instrumentales. Trois pièces lumineuses de 8 :10, 31 :48 et 12 :19. La première, une véritable pièce d’anthologie, Glimmstabilisator, ouvre le bal avec la sonorité cristalline et un toucher magique arpentant vivement le clavier en tourbillons par-dessus les ostinatos de la contrebasse de Christian Weber et toute la finesse des frappes métalliques délicates, scintillantes ou effervescentes de Michael Griener. Une carte de visite lumineuse et contemporaine mettant en valeur une personnalité exceptionnelle du piano d’avant-garde. La longue et puissante improvisation sollicité l’écrasement manuel des super graves telluriques, le sciage des cordes la contrebasse et les friselis, cliquetis et vibrations de cloches intergalactiques aux percussions. Après la furie, on descend d’un cran au niveau dynamique avec ce jeu agressif dans les cordes bloquées du piano de biens curieux sons, des attaques crépitantes sur la percussion préparée et la contrebasse survoltée par instants. L’interaction – interpénétration des sonorités, actions et timbres surnaturels est magnifiée par ce sens inné de la télépathie et cette justesse dans l’audace. Si je me replonge dans les années 70, 80, 90 de l’improvisation radicale, je ne pense pas avoir perçu ce niveau de conscience créative et cette furia froide, rageuse et sonique en matière de trio piano – contrebasse – percussions, sauf chez Lovens avec un zèbre comme Martin Theurer. D’ailleurs, je crois bien que Griener a eu le déclic très jeune en assistant à des concerts de Paul Lovens. Mais chez lui, ce n’est pas le fait de suivre une route, mais clairement de s’adonner à son propre culte de la percussion libérée. Avec une pianiste comme Marina Dzukliev, toutes ses qualités sont propulsées dans la quatrième dimension. Cette dame nous vient perpétuellement avec de nouvelles idées sonores fusionnées avec le « contemporanéisme » pianistique studieux métamorphosé en folie expressive maniaque. Le courageux Christian Weber s’immerge entièrement dans cette fabrique sonore surréelle aspiré entièrement dans leurs machinations ou assénant des pizz désespérés en écho aux claquements des marteaux sur les cordes graves bloquées par la fée du logis. Et il s’en tire magistralement jusqu’à ce que silence un instant, et c’est à son tour de dominer l’espace vibratoire au note à note au milieu des sonorités évanescentes du magique clavier et des frissons des cymbales. L’évolution de ce Resistor au-delà des 31 minutes est sidérante, surtout lorsqu’on écoute cela au casque. La qualité d’enregistrement est exceptionnelle. Ne vous en privez pas. On découvre ici une belle facette de l’art de chacun de ces trois improvisateurs resituée dans une magnifique et inespérée occurrence. Je vous reçois six sur cinq.
Dots and Dashes Floros Floridis Ernesto Rodrigues Guilherme Rodrigues Michael Vorfeld. Creative Sources
https://ernestorodrigues.bandcamp.com/album/dots-and-dashes
Un enregistrement au Kuhlpot Social Club de Berlin en bonne compagnie l’année dernière. Je n’aurai de cesse de commenter autant que se peut les aventures de l’altiste Ernesto Rodrigues tant notre homme, le cerveau derrière les opérations du label Creative Sources (plus de 860 Cd’s au compteur !), ne soit convié sur les scènes auxquelles son extraordinaire talent le destine. En compagnie de son fils, le violoncelliste Guilherme Rodrigues, ils ont tous deux incarné l’avant-garde pointue du réductionnisme dans las années 2000-2010 tout en évoluant vers une musique de chambre exploratoire, raffinée et résolument contemporaine, subtile et miroitante. Ce qui est exemplaire ici, et finalement très intéressant, est qu’un clarinettiste méditerranéen et lyrique à souhait comme le grec Floros Floridis dialogue ici avec la paire des Rodrigues. Floros Floridis est un superbe clarinettiste et saxophoniste actif dans des contextes plus « free-jazz » comme on a pu l’entendre aux côtés de Gunther Sommer, Peter Kowald, Louis Moholo, Andrew Cyrille, ou le joueur de lyra Ilya Papadopoulos etc… mais aussi avec Paul Lytton dans les années 80. Ces rencontres d’artistes aux parcours et backgrounds différents sont en fait une ouverture et requièrent sensibilité, savoir-faire et intuition pour improviser collectivement et créer ce territoire commun qui met en valeur la musicalité intrinsèque de chacun au-delà des « écoles » et des idées toutes faites.
Pour bonne mesure, le chercheur de sons et percussionniste allemand Michael Vorfeld complète l’équipée pour colorer et commenter adroitement cette triade boisée. J’avais déjà bien apprécié le travail de Vorfeld en duo avec son compatriote Wolfgang Schliemann, autre percussionniste de choix ou le platiniste Von Bebber ou en trio avec un autre percussionniste, Burkhard Beins et le saxophoniste Dirk Marwedel. Il s’agit donc d’un musicien « pointu » d’un point de vue radical.
Alors, je m’émerveille de cette musique de chambre à la fois concertée et dérivante, faite d’ombres et de lueurs, introvertie autant qu’expressive. La gémellité des deux cordes aux mains des Rodrigues et leur sens du tissage moiré, de frottements en crescendo étirés, en phase avec le timbre boisé de la clarinette et des spirales en clair obscur ou des coups de bec dignes d’un pivert dans les ramures. Je n’insisterai jamais assez sur le sens aiguisé de la dynamique de leur musique, des nuances infinies et une belle inventivité dans les formes mouvantes. Cette convivialité subtile est souvent placée dans une autre perspective lorsque s’étalent par instants choisis les vibrations métalliques de l’instrumentarium de Vorfeld ou ses frictions crépitantes souterraines. J’avais déjà écouté et chroniqué un précédent recueil Creative Sources intitulé Xafnikes Synantiseis de Floridis/ E & G Rodrigues en compagnie du bassiste Ulf Mergensen, un opus aussi convaincant que ce Dots and Dashes. Ernesto et ses acolytes nous servent une musicalité toujours renouvelée au fil des très nombreuses parutions incluant vétérans au long cours (comme Floros Floridis) et d’excellents « jeunes » nouveaux venus et illustrant pour le meilleur la créativité collective de cette improvisation dite libre à son plus haut niveau. Fantastique ! Je ne m’en lasse pas tout en ayant l’embarras du choix.
Marco Eneidi Quintet - Wheat Fields of Kleylehof Botticelli Records 1018 / bpaltd27027
https://balancepointacoustics.bandcamp.com/album/wheat-fields-of-kleylehof
Marco Eneidi - alto saxophone, compositions, Darren Johnston – trumpet, John Finkbeiner – guitar, Damon Smith - double bass, Vijay Anderson – drums
Marco Eneidi (R.I.P. 1956 – 2016) est un saxophoniste alto de « jazz libre » resté un « outsider » actif mais trop méconnu de la scène du « free-jazz » dans ce qu’elle a de plus authentique. Basé en Californie, il s’est révélé comme une composante incontournable de la scène de la West- Coast biberonné à la Jimmy Lyons post Ornette, dans cette musique issue du parkérisme survolté. Jimmy Lyons a été le partenaire privilégié de Cecil Taylor depuis 1961 jusqu’à sa mort et il avait autant d’exigences musicales que son camarade pianiste. Tous deux ont incarné ce free-jazz sans concession en jouant au maximum de leurs capacités. Ce quintet de Marco Eneidi nous livre du jazz contemporain fait de thèmes et compositions dans le droit fil d’Ornette et de Lyons de meilleure facture, mais aussi des idées nouvelles comme ce Wheat Fields of Kleyehof Part 2. Ces Wheat Fields of Kleyehof est une suite avec différents mouvements (Part 1 jusque Part 6) étalés dans six morceaux individuels. Un court Prélude initie le CD qui ferme sur deux Alternate Take.
Le quintet se compose du trompettiste Darren Johnston qui brille par ses inventions soniques et son style distinctif, le guitariste polyvalent John Finkbeiner à la palette imprévisible, du très solide et merveilleux contrebassiste Damon Smith et du batteur Vijay Anderson qui à l’art de jouer vraiment free tout en cadrant précisément son propos sur les sursauts et écarts du groupe et quels roulements. Et le boss, Marco Eneidi, un as de l’alto surchauffé qui laisse à chacun de ces quatre collègues l’espace et le temps adéquat pour s’exprimer. Son souffle emporté tortillonne les intervalles peu usités dans des spirales croisées qui se chevauchent et s’interpénètrent par la magie d’une articulation insolemment et sauvagement parkérienne. Darren Johnston est un partenaire challenger parfait, risqué soulful et inspiré, toujours prêt à déraper par-dessus le tourbillon percussif de Vijay Anderson. Le guitariste a quelques superbes envolées asymétriques et il arrive que la musique soit rageuse, mordante ou lyrique cool à la Ornette. Tout l’ancrage terrien est mené de main de maître par Damon Smith pour tenir ensemble ce thème patchwork de la Part 6. Et je répète les caméos qui surgissent brièvement dans l'intervalle entre deux séquences sont du meilleur effet. Eneidi est un "leader" éclairé, c'est évident. Cette suite de champs de blé offre un beau programme de compositions et d’improvisations qui rassemblées dans ce recueil résume bien l’aventure historique du free- jazz avec autant d’urgence que de variations dans la musique qui se développe.
New Thing 1968-1972 Just Music and Friends Alfred Harth Dieter Herrmann, Johannes Krämer, Thomas Stöwsand, Frans Volhard, Peter Stock, Thomas Cremer, Nicole Van den Plas, Michael Sell, Dieter Scherf, Gerhard König, Ralf Hübner, Peter Kowald, Peter Brötzmann, Wilfried Eichhorn, Rudi Theilmann, Wolfgang Schlick.
https://alfred23harth.bandcamp.com/album/new-thing-1968-1972
In 1968, shortly before graduating from high school, eighteen-year-old Alfred Harth was interviewed about his group Just Music: How was this music received at school, how did it relate to examples of New Classical Music?
This Frankfurt radio production is the first of three early studio productions with Harth & Just Music on Hessischer Rundfunk in 1968, 1970 and 1971.
In 1970, the second jazz studio production took place on Hessischer Rundfunk under the direction of Dr. Ulrich Olshausen:
Just Music meets the Free Jazz Group Wiesbaden with Alfred Harth, Franz Volhard, Thomas Cremer, Nicole van den Plas, Michael Sell, Dieter Scherf, Gerhard König, as well as Ralf Hübner and Peter Kowald, tuba, as guests. The recordings are in the archive of the Hessischer Rundfunk.
In 1971 he formed various duos with Thomas Cremer and Alfred Harth and with Dieter Herrmann and Alfred Harth, all three of whom were members of the group Just Music. And the piece Wind In The Pillow with the pianist and vocalist Nicole van den Plas, Alfred Harth, Franz Volhard, all three from the LP January 4, 1970, or Just Music, Peter Brötzmann, also with Wilfried Eichhorn and Rudi Theilmann from the Modern Jazz Quintet Karlsruhe, as well as Wolfgang Schlick from the Free Jazz Group Wiesbaden. This third jazz studio production on Hessischer Rundfunk also took place under the direction of Dr. Ulrich Olshausen.
In 1971 he formed further duos with Nicole van den Plas and himself.
In 1972 a live recording of De Spiegel in Bruges/Belgium with Nicole van den Plas, Alfred Harth, Peter Kowald and Paul Lovens. In addition to the recording of the LP 4.Januar 1970 and the duo Nicole van den Plas/Alfred Harth, this line-up is a bridge from Just Music (1967 - 1972) to the group EMT (1972 - 1975) with Nicole van den Plas, Alfred Harth, Sven-Ake Johansson and guests.
Sand nul doute, Just Music est une des formations - tribus des débuts de la musique improvisée européenne les moins connues et référencées parmi les amateurs, même les plus pointus. Même, John Corbett n'a pas consacré un seul de ces albums de rééditions ou d'inédits dans ces séries Unheard Music chez Atavistic ou Corbett vs Dempsey. Pour beaucoup, il y en a que pour Globe Unity, Machine Gun, Karyobin, Topography of The Lungs, Brötzmann Van Hove Bennink, AMM,Bailey/ Parker, Schlippenbach Trio, Spontaneous Music Ensemble, Wim Breuker, Mengelberg, Tippett, Coxhill, Barry Guy etc...
Mais en se penchant un peu sur des informations d'archives , on obtient une bien différente prespective.
Just Music a débuté vers 1965 à Francfort quand Alfred Harth avait juste quinze ans. En faisaient partie Alfred Harth (saxophones, clarinettes) Dieter Herrmann (trombone), Johannes Krämer (guitare), Thomas Stöwsand (violoncelle), Frans Volhard (violoncelle), Peter Stock (contrebasse) et Thomas Cremer (batterie). Pour plus de détails : https://en.wikipedia.org/wiki/Just_Music
Just Music a enregistré et publié le deuxième album du label ECM, alors naissant (ECM 1002 1970), "sans titre" si ce n'est le nom du groupe Just Music. Cet album contenait deux longues improvisations sur chacune des faces du disque avec des phases de jeu où il y a autant de folie expressive/ expressionniste que de recherches sonores subtiles avec toute la palette des deux violoncelles, du trombone, de la percussion et de la guitare électrique. Une musique qui métamorphose dans l'instant en équilibre instable . Très souvent les titres de leurs enregistrements se limitent aux dates d'enregistrement. Leur inspiration musicale opérait est une convergence de courants tels le free-jazz, des compositions d'avant-garde écrites ou en notations "graphiques" (dessins, signes, mots etc...), des éléments proches de Dada, de Fluxus ou des "happenings". Leur musique était essentiellement expérimentale, rendant toute classification quasiment impossible, et présentait une extrême variété de timbres et de dynamiques au service d'une expression spontanée. Le processus importait plus que le résultat. Just Music intégrait en partie son public. Mais n'allez pas croire qu'il s'agissait d'amateurs : Peter Stöwsand, le violoncelliste est devenu par la suite un des managers d'ECM et organisateur de tournées. D'ailleurs, Manfred Eicher, le "boss" d'ECM et contrebassiste, a participé à quelques uns de leurs concerts. Quant à Thomas Cremer, il s'est révélé être un excellent batteur dans de nombreux groupes de jazz contemporains des années 70-80
Alfred Harth, lui, a fait une "carrière internationale. Il s'est associé avec Heiner Goebbels (piano, accordéon) vers 1976 dans un duo à caractère politiquement engagé : " LP's: Hommage / Vier Fäuste Für Hanns Eisler SAJ-08, Vom Sprengen Des Gartens SAJ-20 et Live À Victoriaville (Victo 04). Dans les années 80, il s'associe avec Chris Cutler et ses deux potes Goebbels et Christoph Anders pour créer Cassiber dans la mouvance Rock In Opposition expérimentale vosine d'Henry Cow. Puis Harth s'implique dans Gestalt & Jive un groupe mi-free jazz mi Rock In Opposition avec Uwe Schmidt, Ferdinand Richard, Steve Beresford, Peter Hollinger, Anton Fier : LP's Nouvelle Cuisine - Moers Music et Gestalt & Jive - Creative Works (1985-86). Même époque, le projet Duck & Cover avec Goebbels, Cutler, Fred Frith, George Lewis, Dagmar Krause et Tom Cora À cette époque, son nom d'artiste devient Alfred 23 Harth ou A23H. On l'entend aussi aux côtés de John Zorn, de musiciens coréens. Plus tard, le trio Trabant in Roma (CD FMP) le réunit avec Phil Minton et Lindsay Cooper, souffleuse et compositrice dont il devient un collaborateur épisodique. Enfin, il travaille aussi avec Otomo Yoshihide New Jazz Ensemble et enregistre un CD duo avec Peter Brötzmann. Cette trajectoire multiforme fait de lui un artiste inclassable engagé dans un mouvement perpétuel de recherches hybrides et de rencontres tout azimut sans rechercher la moindre reconnaissance "téléphonée" carriériste pour allonger un curriculum vitae avec X, Y ou Z.
Surtout, ils sont sans doute parmi les tout tout premiers groupes à jouer en public des improvisations complètement libres dès 1965-66 et cela ne plaisait pas à quelques musiciens de jazz très confirmés qui s'adonnaient pourtant au "free jazz".L'activité de Just Music des premières années consistaient en une plate-forme d'échange entre artistes de différentes discplines, poètes, graphistes, musiciens. En tant que saxophoniste, Alfred Harth devait bien être un des improvisateurs parmi les plus audacieux avec ses expérimentations : Harth a co-créé un concept d'instrument à vent sans tonalité lors d'une production en studio à la Hessischer Rundfunk. Il a expérimenté l'étouffement de ses saxophones avec toutes sortes d'objets, allant jusqu'à recouvrir l'instrument de vêtements pour agir au-delà des clés, et a intégré des enregistrements d'accordéon passés à l'envers, diffusés en direct sur cassette. Johannes Krämer, quant à lui, utilisait une grande variété d'accordages de guitare peu orthodoxes et "préparait" ses guitares avec des objets tels que des baguettes de batterie ou des tournevis afin d'en altérer le timbre.
Aussi, plusieurs concerts eurent lieu en collaboration de nombreux musiciens dont le clarinettiste Tony Scott (!), Anthony Braxton, Peter Brötzmann, Peter Kowald et Paul Lovens, pour citer des "références incontournables". Des performances improvisées de Just Music eurent lieu avec les musiciens des groupes allemands orientés "free improvisation". Just Music et ceux-ci furent un jour rassemblés au 12th German Jazzfestival 1970 à Frankfurt/Main, festival dont des extraits furent publiés dans le triple LP "Born Free". Récemment, un label en a publié la totale dans 9 CD. Je cite les noms de ces groupes et de leurs musiciens. C'est leur activité intensive à l'échelon local dans les années soixante et début septante qui a créé cet extraordinaire réseau pour musiciens improvisateurs dans de nombreuses villes allemandes.
Il y avait Phil Woods, Albert Mangelsdorff Quartet, Manfred Schoof Trio, Klaus Doldinger, Dave Pike Set, Frederic Rabold Crew, le Tentet de Brötzmann (jouant Fuck de Boere), Joachim Kuhn Group, Gunther Hampel Group avec Jeanne Lee, Wim Breuker W. Van Mannen et Jack Gregg, Pierre Favre Group avec Irene Schweizer, Jurg Grau et Trevor Watts et le grand orchestre de Lester Bowie avec les musiciens de l'Art Ensemble et une forte délégation germanique.
Parmi les groupes "régionaux" "quasi inconnus", je cite :
"Just Music" : Alfred Harth (sax, cl) Dieter Herrmann (tbone), Johannes Krämer (guit), Thomas Stöwsand (violcell), Frans Volhard (vicello), Peter Stock (cobass) et Thomas Cremer (dms)-
Jazz Workers : Axel Hennies (t. sx, fl), Michael Thielepape (a.sax, s.sax), Ulrich Maske (guit.), Günter Christmann (cbass), Rainer Grimm (dms)
Free Jazz Group Wiesbaden : Michel Sell (tp), Dieter Scherf (a. & s. sax, piano), Gerhard König (guit.), Wolfgang Schick (dms)
Modern Jazz Quintet Karlsruhe : Herbert Joos (flugelhorn mellophon), Wilfried Eichhorn (ts, ss, fl, bcl), Helmut Zimmer (piano), Claus Bulher (cbass), Rudi Theilmann (dms)
Frankfurt Trio for Improvisation avec Christian Möllers (cl), Wolf Burbat (fl), Klaus Hennig Usadel (bass)
Limbus 4 avec les multi instrumentistes (percussions flûtes violons etc...) Odysseus Artner, Bernd Henniger, Mathias Knieper et Gerd Kraus
Entre nous, quelqu'un comme Günter Christmann a été instrumental en organisant une kyrielle de concerts et en relayant les artistes programmés par FMP à Berlin au Workshop Freie Muzik et Total Music Meeting dans ses Hohe Üfer Konzerte à Hannovre Il y a assuré une programmation régulière durant des décennies. Et on retrouve des équipes de musiciens activistes à Wiesbaden, Köln, Wuppertal, Essen, Münster, Bielefeld, Bremen, Hamburg, Frankfurt, Karlsruhe etc... encore aujourd'hui, les semences dispersées par ces activistes de la première heure n'ont pas été perdues...
Au noyau de base de Just Music sont venus s'ajouter épisodiquement quelques musiciens belges, comme la pianiste Nicole Van den Plas avec qui A. Harth et le batteur Sven-Åke Johansson ont joué et enregistré dans le trio E.M.T. (lp Canadian Cup of Coffee SAJ-2 1971) après avoir collaboré conjointement, Just Music et le Nicole Van den Plas trio avec son frère le bassiste Jean Van den Plas et le batteur Ronnie Dusoir, entre autres dans un mémorable festival de Jazz à San Sebastian en 1969. Récemment, E.M.T s'est réuni à Oostende en 2025.
Par la suite, le parcours d'Alfred Harth (A23H) qui vit aujourd'hui en Corée, est sans doute un des plus déroutants... impossible de classifier cet artiste avec des définitions, une quelconque étiquette.
Pour conclure, Just Music a été un groupe quasiment aussi important que le furent le Spontaneous Music Ensemble, AMM, M.I.C., Globe Unity, b
Brötzmann et cie etc...






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