Fred Van Hove solo piano I - II - III (1996) Edition Explico digital
https://editionexplico.bandcamp.com/album/i-ii-iii
Rare et merveilleux solo de Fred Van Hove enregistré at Forum Kesselhaus, hannover lors d’un Hohe – Ufer – Konzert nr 181. L’organisateur et le producteur de cet enregistrement solo exceptionnel de Fred Van Hove, n’est personne d’autre que le tromboniste, contrebassiste puis violoncelliste Günter Christmann, un ex-membre du Globe Unity Orchestra et un des free improvisers essentiels en Europe depuis la fin des sixties. Ce I- II – III fut publié sous forme de CDr à 60 copies signées par Fred Van Hove et manufacturées par Christmann lui-même sur son label maison Edition Explico. Heureusement, le batteur Michael Griener qui a grandi littéralement dans l’entourage proche de Günter C, l’ensemble des albums édités par Explico est disponible en digital. Sans doute, à mon avis, I – II – III est un des meilleurs enregistrements solo de Van Hove qui démontre ici qu’il était autant un improvisateur de l’instant qu’un compositeur d’envergure. Comme des esprits bornés parmi la critique (des gens qui n’ont jamais dû improviser sur une scène et devoir convaincre un public) ont pu fâcheusement l’écrire, NON Fred n’était pas un « élève » ou un suiveur de Cecil Taylor, mais un des pianistes les plus originaux du XXème siècle. Dans le petit monde des praticiens expérimentés et pionniers de l’improvisation libre en Europe, il n’était pas rare qu’on considère ouvertement Fred Van Hove comme le pianiste numéro UN. Il y a chez lui une couleur sonore « dissonante » qui n’appartient qu’à lui qui s’échappe des quasi clichés issus du dodécaphonisme de l’univers sériel, etc… Aussi, il a une capacité à développer spontanément des matériaux multiformes sur la durée , d’un seul tenant en jouant simultanément avec plusieurs dynamiques, intensités et substrats harmoniques, ajustant de multiples idées et formes avec brio. Avec l’âge, il a perdu en partie la fantaisie de ses débuts pour gagner en substance. Derrière sa musique, tapit une force de caractère peu commune. Durant des années, Fred , un vrai autodidacte, s’est battu contre vents et marées à imposer l’improvisation musicale sur la place publique d’un point de vue collectif dans un pays trop petit qui l’a obligé à s’exporter à l’étranger. Sans aucune concession esthétique et avec une exigence musicale considérable. Evan Parker n’a jamais publié qu’un seul album de piano solo sur son label Psi : Journey de Fred Van Hove. De même, FMP – SAJ , l’historique label Berlinois (et a/l/l) contient à son catalogue pas moins de cinq albums solos de Van Hove, dont un à l’orgue. Je l’ai entendu en duo avec Albert Mangelsdorf, Paul Rutherford, Steve Lacy, Anthony Braxton, Evan Parker, Philipp Wachsmann, c’était le top niveau ! Et ses groupes essentiels après la période de folle avec Bennink et Brötzmann sont quasiment non documentés (Wachsmann Charig, Christmann, Rutherford, Malfatti etc.. Mais, il s'est aussi produit ave cla chanteuse française Annick Nozati, unepersonnalité qui semblait se situer aux antipodes de la sienne. Et la on mesure son ouverture d'esprit radicale. Donc, cet album est ce qui peut arriver de mieux en matière d’improvisation libre / instant composition au piano. Extraordinaire et musicalement riche et profond.
Ernesto Rodrigues & Guilherme Rodrigues Pico Creative Sources CSCD 877
https://ernestorodrigues.bandcamp.com/album/pico
Le précédent album en duo de ce duo familial, Rodrigues père et fils , alto et violoncelle – Ernesto et Guilherme – Como O Mar faisait référence à la mer, ses mouvements, ses vagues oscillantes, ses courants, ses marées, il semble logique dès lors que leur opus suivant en tandem soit lié à une île. Particulièrement, une île des Açores, Pico celle dont on aperçoit la montagne, ici recouverte de curieux nuages à son sommet (2.351m), depuis l’île la plus importante de l’Archipel, Terceira et ses voisines, Sao Jorge et Faial. La première improvisation du CD a été enregistrée au Petersburg Art Space Berlin et compte trois sections (Live at PAS 23 :39) dont une est jouée sur la fameuse crackle box de Michel Waiszwics par Ernesto. Par rapport au précédent Como O Mar, la musique est vraiment différente ce qui n’a rien d’étonnant pour ces deux musiciens qui ont l’art de se renouveler au fil de leurs nombreux albums en trio ou quartet avec une kyrielle d’improvisateurs. Le deuxième long morceau de 32 :25 , Pico (São Caetano) contient du field recording réalisé en 2021 par Ernesto Rodrigues (enregistrement de terrain). Je n’avais pas chroniqué Como O Mar, malheureusement, mais cela s’explique par la régularité exponentielle des publications des Rodrigues sur Creative Sources, le label qu’ils font vivre depuis 25 ans atteignant aujourd’hui le n° 877 sur leur gigantesque catalogue. Comme je publie à peine autant/plus de chroniques qu’eux de CD’s, il m’est impossible de monopoliser mon blog avec les CS CD… alors que d’autres artistes méritants espèrent une rare chronique.
Le field recording nous fait entendre des bruits crissants de criquets dans la nuit par-dessus lesquels les deux violonistes grattent et scratchent leurs cordes en grinçant créant une ambiance mystérieuse faites de drones mouvantes et de petits chocs dans une vision expérimentale. On y retrouve toute la classe et la distinction du travail des Rodrigues dans les détails de ces drones crissants, ces hauteurs de notes qui descendent inexorablement, ces effets de souffle (littéralement) de l’archet qui frôle les cordes…. Entourés par les sons de l’espace ouvert quelque part sur cette île mystérieuse. De cette ambiance naît un dialogue pointilliste épuré d’actions instrumentales millimétrées qui créent une narration, un dialogue, une échappée dont l’intensité et l’aspect ludique croissant clôt un premier mouvement. Celui-ci répond à la démarche du concert au PAS en octobre 25. La deuxième section incarne un beau chant à ceux voix avec l’ample et lent travail « vocalisé » à l’archet, une élégie suspendue dans le vide soutenu par l’enregistrement de terrain, celui-ci servant comme un continuité pour les improvisations qui se succèdent marquant chaque fois un autre aspect de leur démarche contemporaine. Vous avez là de la musique à écouter sans se lasser, le duo Rodrigues développant de nouvelles idées et sensibilités avec leurs grandes ressources sonores et musicales, sachant faire vivre l’instant dans la durée sans faiblir même quand un curieux animal surgit près des micros d’Ernesto en émettant de curieux gloussements ! Des improvisateurs de premier ordre. Fascinant !
The Tweeters The Berchem Tapes (1) May 1976 Pedantwerp serie / Ultra Eczema LP
https://ultraeczema.bandcamp.com/album/the-berchem-tapes-may-1976
The Tweeters était un groupe de free-jazz anversois avec un goût prononcé pour un humour surréaliste provoc’ mené par feu Edmond Van Lierde, un saxophoniste allumé et peintre – graphiste poète et performer. Son pote Jean Van Den Plas (saxophone, violon et violoncelle) est le frère de sa petite amie Nicole à l’époque où ils assistaient au concert de Coltrane au festival de Jazz de Comblain en 1965. Ils firent ensuite un voyage aux US pour découvrir le free-jazz. Nicole Van Den Plas était une excellente pianiste qui joua et enregistra avec Alfred Harth, Sven Åke Johansson ou Thomas Cremer et partit vivre à Frankfurt. Une jeune drop – out se joignit à eux, Liliane Vertessen, chanteuse et tromboniste, elle aussi présente à ce festival. Edmond recruta Willem Van Lierde son pianiste de frère. Et à cette équipe se joignirent les inévitables Paul Feyaerts et Ronnie Dusoir, respectivement contrebassiste et batteur, lesquels jouèrent et enregistrèrent avec André Goubeeck dans le Full Moon Trio. On croisa certains d’entre eux dans un groupe de Fred Van Hove, avec Kris Wanders dans les premières années du free Anversois, mouvance qui se mua dans une organisation collective d’improvisateurs, le Wergroep Improviserende Musici. Cette organisation qui compta plus d’une vingtaine de membres organisa régulièrement des festivals dès 1972-73 et c’est lors d’une édition mémorable en 1977 au légendaire King-Kong, un centre culturel alternatif que j’assistai à une bien amusante performance des Tweeters au sein d’un programme fabuleux.
À l’époque des contrôles douaniers stricts, les musiciens attendaient parfois des heures dans les postes de douane pour les formalités et le « plombage » des instruments attestant la validité du contrôle. Résultat des courses, la Belgique ayant des frontières communes avec la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Grande Bretagne, plusieurs musiciens de jazz « free » s’établirent quelques temps à Anvers ou Bruxelles afin de n’avoir qu’un seul poste de douane sur leur route vers un concert dans un pays voisin. Parmi ces résidents, on a compté Stu Martin qui logea souvent ses camarades en tournée, Peter Kowald (marié avec la sœur de Kris Wanders), Gunther Hampel, Jeanne Lee, Alfred Harth, J.R. Montrose, et John McLaughlin dans les années 67-68. On aperçut souvent Barry Altschul au Welkom, mythique bar bruxellois ou Barre Philips. À cette époque, le café De Muze à Anvers accueillait régulièrement des jazzmen qu’ils soient swing, post-bop ou free et il y avait d’autres cafétjes ou zoldertjes où pouvoir jouer. De nombreux musiciens free étaient de passage à Anvers et dans les Flandres. Et bien sûr, Han Bennink, Peter Brötzmann, Wim Breuker, SA Johansson, Misha Mengelberg, Marion Brown… D’ailleurs, le mythique trio de Brötzmann Van Hove Bennink fut enfanté à Antwareppe, le groupe de Fred Van Hove alors composé de Fred, Kris Wanders, Peter Kowald et Peter Brötzmann avait un besoin urgent d’un batteur après la disparition de Jan Van‘t Ven. C'est Marion Brown qui leur recommanda Han Bennink Et donc, bon nombre d’auditeurs passionnés du free-jazz d’Anvers, Gand, etc… se sont mis à jouer eux-mêmes cette musique un peu partout dans la région, au pied levé en autodidactes. C’était alors la musique contemporaine rebelle des prolétaires. Cela a alors créé un intérêt populaire dans les milieux artistiques, militants ou étudiants flamands pour la New Thing US et son équivalent improvised music européen : la preuve est que le King-Kong était bondé lors du Free Music, il y avait autant de public assis que debout. Mémorable !
Ce vinyle produit par Dennis Tiefus sur sa série Pedantwerp de son label Ultra Eczema publie une session répétition de Mai 1976 enregistrée à Berchem enregistrée par William Van Lierde, le pianiste du groupe. C’est enregistré de manière, disons, hasardeuse, mais le son est plus lisible lorsque le groupe joue « piano » ou mezzoforte. On entend distinctement quelques prouesses du batteur et la maîtrise du pianiste. On appréciera le lyrisme soulful de Linda , la tromboniste et le drive organique de Ronnie Dusoir. La musique est composite et basée sur des canevas de jazz et de musiques populaires avec une alégresse nonchalante et enjouée. Deux des titres se réfèrent au jazz : Willie’s Bounce (pour William) et Foolish Things (foolish, les Tweeters, bien sûr). Toute la face B est consacrée à leur magnum opus : Soirée Noire. À partir d’un groove chaloupé garni de d’impros modales, on chavire dans l’agressivité free avec les barrissements de la tromboniste et un déferlement percussif, pour ensuite être entraîné dans un drive funk – twist. Cette suite donne aussi à entendre un solo modal bluesy rageur au sax ténor par Edmond dans une autre séquence avec un impact rythmique différent. Malgré l’imperfection technique de l’enregistrement, on mesure la cohérence de la « section rythmique ». Dennis a organisé un concert solo d’un survivant des Tweeters, Jean Van Den Plas, au légendaire café De Kat à deux pas du Muze et du King Kong. L’endroit était « rempli » (vol) et une partie du public était debout. De nombreuses personnes présentes avaient connu cette scène et les musiciens du cru. Jean a joué d’une contrebasse électrique sans « caisse de violon » (à moins qu’il ne s’agit d’un contracello) en nous gratifiant de variations subtiles sur une deux compositions de Coltrane et l’inévitable Song For Che de Charlie Haden.
La surprise du concert – réunion était que Dennis vendait les dernières copies des Berchem Tapes 1 (May 1076) en vinyle pour 30 € incluant un gros livre d’art intitulé « Merci de m’avoir invité » et tiré à 300 exemplaires. La « réalisatrice » de ce très beau livre est Linda Greeve, la veuve d’Edmond Van Lierde, le saxophoniste et une des personnalités centrales des Tweeters. C’est sans doute un des documents les plus probants émanant d’un musicien free et lui-même artiste graphique, peintre et aquarelliste, auto-portraitiste, poète carte-postaliste, auteur de maximes déroutantes où surgissent des phrases en français détourné. En lisant l’hommage de Ronnie Dusoir à son pote Edmond, écrit dans un flamand croustillant et narrant une de leurs aventures en tournée, on imagine ce que veut dire « Série Noire » l’unique morceau de la Face B. Ce livre indique qu’Edmond était un vrai zyverer de génie, un zwanzeur d’antwareppe, un vrai poète de l’instant. Et quel artiste !! Durant des décennies, Edmond envoyait des cartes postales improbables à sa muse des premières années free, la pianiste Nicole Van Den Plas qui vivait à Francfort. Une partie d’'entre elles sont reproduites ici, recto-verso. Les noms de l’expéditeur et de la destinataire variaient de carte postale en carte postale dans un vrai délire. Leur contenu sémantique et littéraire vaut trois litres de bolleke De Koninck. Et ses camarades étaient à la hauteur. Le nom du groupe tire son origine dans le fait que les deux frères Van Lierde étaient jumeaux, tweelingen en néerlandais, soit The Tweeters. Edmond VL, Liliane V, Jean VDP, William VL, Paul F et Ronnie D étaient là pour s’amuser, vivre la musique et y prendre du plaisir, faire passer un message sans prétention, la musique collective exprimant un art de vivre et le sens de l’amitié profonde. Une critique sociale existentielle libertaire/ C’est ce qui transparait dans ce livre qui en dit plus sur l’esprit du free-jazz européen que les études formatées de Prof d’Univ US qui n’ont jamais vécu cette scène in vivo à l’époque et dans les lieux où elle est apparue. Une fois que galeristes, marchands d‘art ou experts se mêlent d’éditer des livres d’art de musiciens, c’est formaté, catalogué, froid voire glacial. Ici on se marre à tort et à travers. En Belgique, on n'est pas des stoefers, des frasquiljons ou des petzoeijes. Même chez un pince sans rire comme Fred Van Hove, il y a toujours eu un humour sous-jacent et André Goudbeeck a été longtemps un fidèle de Willem Breuker et son théâtre musical non sensique - drôlatique. Avec Edmond, il y a un côté Dada - Pata caquistique. On se dit que cette musique n’a jamais été aussi fascinante quand elle n’était pas encore documentée, répertoriée et scéniquement fragmentée. Tout semblait encore possible et le public appréciait cette énergie en s’ouvrant à tout un questionnement intérieur mais en y prenant un plaisir intense, voire incrédule, bon enfant vers une autre dimension sociale et humaine "out of this world".
Les Tweeters ont joué à Anvers, Gand, Charleroi, Rotterdam etc.. et une équipe plus ancienne a été programmée au Festival de San Sebastian en 1969 mais n’ont pas publié de disques tout comme la plupart de leurs collègues anvrsois. Mais sans le concours de tous ces activistes passionnés, le free-jazz et l’improvisation aurait sombré dans les deux décennies suivantes. L’élan donné à l’époque par tous ses praticiens et allumés, aujourd’hui inconnus, a fait que cette musique est encore toujours vivante. Une excellente bonne idée que cette publication !
Sorry, si je reviens encore sur des vétérans, mais il y a quelque chose à dire « anti-clichés » au sujet du batteur Louis Moholo. J’aurais préféré écrire un texte présentant un album d’artistes plus jeunes et enregistré récemment.
Tebugo Evan Parker Paul Rogers Louis Moholo Jazz In Britain CD
https://jazzinbritain1.bandcamp.com/album/tebugo
Enregistré en 1992 dansl’ancien Vortex, Stoke Newington Church Street, du temps où Paul Rogers faisait résonner sa puissante contrebasse quatre cordes (il joue depuis une vingtaine d’années de la sept cordes ALL à cordes sympathiques, un tout autre instrument). On entend ici une musique plus ou moins similaire à celle du trio Parker Guy Lytton, free-jazz « free » à la fois énergique, primal mais subtil, complexe et raffiné. Paul Rogers était alors devenu LE bassiste qui compte en G-B avec Mark Sanders, Elton Dean, Paul Rutherford, Keith Tippett, Paul Dunmall, Howard Riley, Tony Levin, Louis Moholo, etc… Son jeu allie la puissance d’un Mingus avec la sophistication issue de l’école La Faro et Dave Holland avec une capacité à jouer free avec une logique confondante en pizzicati en conservant l’atavisme jazz indélébile, sans parler de ses capacités effarantes à l’archet. Aussi , je l’ai vu et entendu maltraiter sa contrebasse comme personne auparavant. Il vit depuis de nombreuses années en France et on l’entend toujours sur plusieurs des meilleurs albums de Paul Dunmall de ces 20 dernières années. Ses albums solos sont incroyables. Que peut on encore dire sur Evan Parker, un des sax ténor free les plus originaux, sa technique époustouflant et son articulation est mise au service d’une musicalité exceptionnelle au niveau de la complexité en spirales et croisements devolutes de souffle truffées d’effets sonores, harmoniques du pianissimo au forte avec un contrôle du son magistral. Le but du jeu dans ce trio est l’équilibre des forces en présence dans une volonté égalitaire en laissant un espace de jeu à chacun sans tirer la couverture à soi. Et de ce point de vue Louis Moholo a tout compris. Celui qui nous a quitté il y a peu (et cet album lui rend hommage) hérite de la sagacité initiale du Sunny Murray de la Spiritual Unity d’Albert Ayler (ESP 1002, album an-zéro du free et point de départ du free total), l’éthique de feu John Stevens. Un jeu polyrythmique avec la dynamique sonore restreinte et une multitude de micro-frappes éparpillées en finesse sur la surface des peaux et cymbales sans couvrir les condisciples, des instants de quasi silence, stase auditive, et quand la tension croît un crescendo approprié d’intensités percussives. Sa virtuosité et sa mise en place est confondante et à la hauteur d’Evan Parker et de ses batteurs fétiches, les deux Paul. Parfois, une pulsation élégante nous rappelle qu’il vient d’Afrique du Sud. On le sait, il existe dans le public des préjugés et des idées toutes faites du genre : « comment cela peut – il se faire qu’un musicien Africain du Sud, militant anti-appartheid abreuvé au khwela puisse - t-il jouer avec un avant-gardiste tel qu’Evan Parker dont certains albums pourraient être considérés comme anti-jazz, eurocentré et « intello » d’avant-garde » ? La réponse est très simple : ces musiciens appartiennent pour la vie à la communauté fraternelle des musiciens de jazz et d’improvisation londonienne – british où règne le sens de l’écoute, la camaraderie et l’échange fructueux des expériences au jour le jour sans élitisme. D'ailleurs, un duo improvisé d'Evan et Louis fait de sons rythmés à brefs coups de bec percussifs et de frappes millimétrées sur les peaux est tout à fait inattendu et insigne de l'ouverture des deux musiciens l'un vers l'autre. L'improvisation libre est nourrie par tout ce qu'on veut y mettre et ne répond pas à un cahier de charges établi et des théories de type "non-idiomatique" ou post-académiques formmes et stériles. Les trois morceaux de ce concert mémorable totalise 28:42, 14:50 et 36:06 et portent des titres - jeux de mots qu’affectionne Evan Parker.
Consacré aux musiques improvisées (libre, radicale,totale, free-jazz), aux productions d'enregistrements indépendants, aux idées et idéaux qui s'inscrivent dans la pratique vivante de ces musiques à l'écart des idéologies. Nouveautés et parutions datées pour souligner qu'il s'agit pour beaucoup du travail d'une vie. Orynx est le 1er album de voix solo de J-M Van Schouwburg (1996 - 2005). https://orynx.bandcamp.com
21 décembre 2025
Fred Van Hove / Ernesto et Guilherme Rodrigues / The Tweeters / Evan Parker Paul Rogers & Louis Moholo
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