jeudi 30 août 2018

Daunik Lazro Joe McPhee Joshua Abrams Guillaume Séguron Chad Taylor/ Marilza Gouvea Adrian Northover Marcio Mattos/ Paul Dunmall Percy Pursglove Tony Orrell/ Burton Greene Compendium/ David Birchall Olie Brice Phil Marks / Schindler Öllinger Doneff / Paul Dunmall Frank-Paul Schubert Sebastiano Dessanay Jim Bashford

A Pride Of the Lions  Daunik Lazro, Joe McPhee, Joshua Abrams, Guillaume Séguron, Chad Taylor.The Bridge Sessions TBS08.

The Bridge est le fruit mûr de l’initiative militante d’Alexandre Pierrepont, ethno-musicologue compétent et passionné (et extrêmement documenté) par l’A.A.C.M de Chicago, l’association des improvisateurs – compositeurs afro-américains de la Windy City. Créer un pont musical et culturel entre la communauté de Chicago et sa diaspora (à NYC), d’une part et l’Hexagone en réunissant des musiciens américains et français dans une relation d’égalité et de partage. Généralement, les orchestres présentés sont constitués sur le moule (que j’ai fini par trouver un peu rasoir) souffleurs – basse – batterie. Mais cet apriori souvent justifié n’a pas tardé à s’envoler à l’écoute de cette Fierté des Lions. Très heureusement ici, l’orchestre présenté est remarquable pour les parties en présence. Deux contrebasses jouant en osmose – collaboration complète (Séguron et Abrams. Deux des musiciens jouent aussi d’instruments africains de manière complètement intégrée à l’ensemble et au développement du concert : le guembri (luth saharien) de Joshua Abrams et la mbira (piano à pouces d’Afrique Centrale) de Chad Taylor. L’extraordinaire compétence et l’enthousiasme de Chad Taylor réunissent la précision, l’entrain des pulsations – rythmes en mutation permanente et la puissance expressionniste alliée aux friselis délicats selon les instants de grâce. Grâce parce que la réunion de Joe Mc Phee (sax ténor et trompette de poche) et de Daunik Lazro (sax ténor et baryton) n’est ni fortuite, ni téléphonée. Ces deux artistes conviennent l’un à l’autre autant que le furent Albert Ayler et Don Cherry en 1964 ou Roscoe Mitchell et Lester Bowie en 1969. Récemment, ils ont publié un chef d’œuvre en duo, The Cerkno Concert(Klopotek). Raison impérative de les réunir à nouveau. Harmoniques incandescentes et organiques. Cet enregistrement du 30 janvier 2016 au Petit Faucheux est intervenu durant leur tournée entre le 27 janvier et le 5 février, leur permettant de développer le projet jusqu’à l’accomplissement. Voici sans doute une des plus belles filiations authentiques du message d’Albert Ayler. Émotion forte, profondeur de la musique, intensité affective et de l’écoute, Complete CommunionAACM.   Une très belle réussite !

M.A.M. Marilza Gouvea Adrian Northover Marcio Mattos CDr autoproduit
Enregistré par St Austral à I’Klectic en 2016, cet album autoproduit sans label est en tout point remarquable. Marilza Gouvea est une improvisatrice vocale brésilienne résidant à Londres, son compagnon dans la vie et partenaire dans ce concert est le violoncelliste et contrebassiste Marcio Mattos, improvisateur établi à Londres depuis 1969 et connu pour son travail avec Elton Dean, Jim Dvorak, Phil Minton, Phil Wachsmann, Veryan Weston, Chris Briscoe, Eddie Prévost, Chris Burn, Martin Blume, Georg Gräwe etc… Marcio Mattos nous offre dans ce trio un magnifique exemple de son habileté à improviser librement au violoncelle avec une palette sonore très étendue et un peu d’électronique additionnelle. Il est complètement décomplexé, percussif, libéré, audacieux, explorant effets, textures, contorsions de l’archet jusqu’au bout,  entraînant ses deux collègues vers une déraison compulsive et maîtrisée. Adrian Northover est un très remarquable saxophoniste alto et soprano incontournable de la scène londonienne, compagnon de longue date de David Petts et John Edwards (Remote Viewers), d'Adam Bohman, et membre éminent du London Improvisors Orchestra. Au sein de ce trio, il crée des stratégies de jeux à la fois interactives et indépendantes des flux souvent divergents de ses deux partenaires en étirant les timbres ou en rêvant à la lune. La chanteuse babille, sursaute, glousse, pépie, murmure, s’éclate sans filet et défie les sens avec un langage inventé en convergeant intelligemment avec les inventions des deux instrumentistes.  Le trio tient la distance durant 51 minutes et quatre improvisations réussies (18:51, 7:15, 15:44 et 9 :14). Chacun n’hésite pas à développer des sonorités et des idées individuelles en choisissant des chemins séparés tout en maintenant la cohérence musicale du groupe. Le terrain commun se renouvelle au fil des morceaux improvisés tout autant que les caractéristiques sonores des interventions de chaque improvisateur-trice. On ne se lasse donc pas une minute de ce gig local enregistré de manière très valable. Un bon exemple d’improvisation libre / totale. Marcio Mattos est un des quelques grands violoncellistes de la scène improvisée, méconnu sans doute parce qu’il est aussi contrebassiste. Sa performance pousse le trio dans la sphère supérieure où chacun se surpasse, Northover d’un point de vue émotionnel et Gouvea dans la qualité de l’expression. 

Nothing in Stone Paul Dunmall Percy Pursglove Tony Orrell FMR CD463 1117

Voilà que Paul Dunmall, le saxophoniste prodige aux dizaines et dizaines de CD’s, retrouve à nouveau son compagnon du groupe Spirit Level,  le batteur Tony Orrell. Ils avaient déjà collaboré en duo : DVD Etchingset un superbe trio dévoilant une facette insoupçonnée de Dun, à mi-chemin entre Jimmy Giuffre et Sam Rivers (Deep See/ FMR). À ma grande surprise, le trompettiste Percy Pursglove,  très apprécié dans des ensembles récents de Dunmall (Life in Four Parts, Dreamtime Suite), tient ici la contrebasse et improvise à la trompette à l’ouverture et dans le final du long Speaking in Tongues(n°2 , 28 :04) dans lequel on entend durant un bon moment Dunmall évoquer Ornette et Dudu Pukwana au sax alto avant de s’envoler. Paul Dunmall, un saxophoniste avec une technique exceptionnelle, se laisse toujours guider par l’émotion, la rage de l’improvisation, l’intuition, le sens de l’instant. Il aime musarder avec les possibilités expressives de son instrument, mettant parfois de côté la virtuosité pour la profondeur de l’expression. Son jeu instantané dépend de son mood et de sa sensibilité du moment transformant son style personnel dans une nébuleuse de possibles qui rendent très souvent ses performances uniques et pleines de particularités par rapport aux précédentes ou au suivantes. Ainsi dans ce disque, très peu de son amour pour la musique de Coltrane ne transparaît formellement alors qu’il y a consacré plusieurs cédés enregistrant de nombreuses compositions du grand saxophoniste disparu, jamais interprétées par quiconque. Nothing In Stoneveut sans doute dire que rien n’est figé. La magnifique participation de Tony Orrellà ce très beau disque le rend aussi indispensable que les Deep Wholeet Deep Joytrios qui réunissent John Edwards et Mark Sanders et Paul Rogers et feu Tony Levin. Ce trio développe dans la distance – durée. Le n° 3, Blue India, s’étale durant 37’56’’ et clôture l’album sans jamais rompre le fil de l’inspiration. Pursglove joue à nouveau un beau passage à la trompette en phase avec les improvisations mouvantes des deux autres. Afin de créer un cheminement clair dans l’improvisation collective, Dunmall ou Pursglove font un pas de côté donnant aux deux autres l’opportunité  d’un échange en duo au plus près de leur terrain d’entente commun, poussant le flux de la musique dans un autre espace.
Le style plus funky de Tony Orrell, qui pourrait évoquer celui de Charles Moffett auprès d’Ornette Coleman, nous fait découvrir une autre facette de Dunmall, un des tous grands improvisateurs  du saxophone de notre époque mariant l’expressivité spontanée du free-jazz et l’expérience de l’improvisation libre, ce deuxième aspect des choses rendant l’évolution de sa musique nettement moins prévisible avec le concours de ses facultés musicales d’exception.

Compendium Burton Greene Solos Duos Trios improvising beings ib55 2CD

Un des tous derniers albums produits par le label improvising beings de Julien Palomo avant la cessation. À titre informatif et fort heureusement, le catalogue est toujours disponible et le site actif à ce jour. Julien Palomo a été bien inspiré de publier des albums du pianiste vétéran Burton Greene, personnalité incontournable de la scène free New-Yorkaise des sixties, compagnon de Marion Brown, Alan Silva, Byard Lancaster et fondateur du Free Form Improvisation Ensemble, assurément le groupe le plus intéressant à NYC dès 63/64 qui ont échappé alors au radar des producteurs et chroniqueurs.
Établi à Amsterdam dans le sillage de la scène free locale, Burton Greene fait figure d’outsider évoluant à l’écart des feus de la rampe (la scène qui compte) alors que du point de vue du jazz créatif, ce pianiste aujourd’hui octogénaire est assurément un musicien profondément original dans la lignée des fabuleux créateurs situés « à l’écart des modes » : Mal Waldron, Dollar Brand, Paul Bley, Ran Blake, Andrew Hill, Jaki Byard. Que ceux parmi les auditeurs qui craignent devoir se farcir une démonstration d’avant-garde soient rassurés. Dans ce magnifique dyptique, CD1 en trio avec le batteur Roberto Haliffi et le bassiste  Stefan Raidl et CD 2 quelques solos, en duo avec Roberto Haliffi ou avec le flûtiste Tilo Baumheier, le maître se concentre sur une dimension originale et assumée d’un jeu rythmique subtil et complexe, hérité de musiques juives, africaines, européennes de l’Est et bien entendu du jazz moderne pur jus. On ne mentirait pas en disant que sa pratique a quelques accointances avec celle du fameux Dave Brubeck avec ses inventions rythmiques et ses expérimentations réussies. Donc ça swingue ! Ses choix rythmiques assumés, son sens du contrepoint et son lyrisme suggestif démontrent l’excellence de son travail. Pour ce magnifique opus, Burton Greene a adapté des compositions d’Horace Silver (Moon Rays), Thelonious Monk (Monk’s Dream), Johny Coles (Funk Dumplin’), Pat Metheny  (Variations on Lies), Enrico Pieranunzi (Don’t Forget the Poet), Jaki Byard (Two Five One) et John Mac Laughlin (Nostalgia Variations) dont il co-signe l’arrangement. S’ajoutent aussi quelques compositions conjointes avec la chanteuse compositrice Silke Rolig, avec qui Greene a enregistré un autre très bel album pourib(Space is Still the Place). Et bien sûr, son excellente  composition, When You’re in Front , Get Off My Back, qui parut dans ce superbe One World Music de 1984 (B.Greene Quartet avec Fred Leeflang, Raoul Van der Weide et Clarence Becton), un classique intégral du post-bop modal paru sur le label hollandais Cat Jazz (LP 49). Donc, si vous aimez le jazz moderne au piano, postérieur aux sixties qui prend des risques tout en assumant l’héritage sans flagornerie, ni poudre aux yeux, Compendium est une pièce maîtresse. Outre son originalité indubitable, Burton Greene témoigne ici d’une réelle cohérence esthétique d’un morceau à l’autre quelque soit sont inspiration formelle. 
PS : Un album jazz très méconnu : 
One World Music Burton Greene Quartet : Fred Leeflang, Burton Greene, Raoul Van der Weide, Clarence Becton  Cat LP49 !! Enregistré par Max Bolleman au Studio 44 le 18 janvier 1984. 

Spitting Feathers David Birchall Olie Brice Phil Marks  Black and White Cat Press .
Album Do It Yourself remarquablement enregistré et autoproduit par le trio  guitare électrique – contrebasse – batterie Birchall/Brice /Marks, supergroupe qui répond aux initiales BBM et uniquement consacré à l’improvisation libre « totale », qualifiée par Derek Bailey il y a une quarantaine d’années d’improvisation libre non-idiomatique. Les initiales BBM sont sans doute un clin d’œil à (Ginger) Baker, (Jack) Bruce et (Gary) Moore. L’emballage du CDr est recouvert de gribouillages pollockiens bruns monochromes sur fond jaune pâle à l’instar du fameux album d’Ornette Coleman, mais version cheap. J’aime vraiment bien la musique qui me semble plus intéressante que, par exemple celle du Trio Derek Bailey - Kent Carter - John Stevens de l’album CD « Once » publié par Incus. C’est dire.  Le son de la guitare électrique est assaisonné d’effets nombreux et mis en valeur par le sens de la dynamique des deux acolytes à la contrebasse et à la percussion. Malgré le fait que le son de la guitare est gorgé d’électricité, on peut considérer qu’il s’agit d’une musique acoustique qui dévie vers la marge bruissante. David Birchall use de tous les artifices électroniques sans s’égarer hors de son espace personnel dans le champ sonore du trio. Sa précision dans le jeu et l’écoute mutuelle permettent à Phil Marks, le percussionniste, d’insérer ses trouvailles au plus près des interventions du guitariste. Dans ce contexte, Olie Brice ajoute sa touche charnue et sensible dans les interstices, créant un équilibre réussi. Univers volatile, bruitiste, pointilliste, un grand souci du détail, investigation sonique radicale, musiciens flegmatiques. Cet ultime épithète donne tout le sel à leur musique et en caractérise le mood distinctif.  Cet album paru vers 2014 résiste très bien à l’épreuve du temps et à la comparaison. Excellent ! 

Schindler Öllinger Doneff  Waterway FMR CD457-0817

Udo Schindler est un clarinettiste et polyinstrumentiste autrichien que j’ai écouté au départ en collaboration avec le clarinettiste basse (et saxophoniste) Ove Volquartz. Associé au guitariste Johannes Öllinger (amplified acoustic guitar, toys)) et au contrebassiste Dine Doneff (aussi waterphone, toys), il présente une musique improvisée spontanément dans l’instant et axée  vers la recherche de sonorités et de timbres. Pour ce faire, Schindler n’hésite pas à tirer profit de ses capacités à l’euphonium, au cornet et aux saxophones, en sus des clarinettes qui semblent être son instrument de base, sa prestation dans les deux premiers morceaux à la clarinette basse étant particulièrement convaincante avec ses boucles décalées d’harmoniques et d’aigus mordants. Sa joyeuse performance à l’euphonium crée l’espace voulu aux deux cordistes, improvisateurs compétents mais discrets pour évoluer en symbiose, même s’ils ne sont pas des virtuoses. Les improvisations successives (cfr titres non numérotés sans mention de durée sur la pochette) suivent des stratégies diversifiées où interviennent des éléments mélodiques, des audaces sonores, des battements pulsatoires et une propension à explorer les possibilités expressives et techniques des instruments et la dynamique. Un large éventail de sonorités et d’intentions renouvelées au fil des morceaux. Se dégage de ces échanges un esprit d’écoute mutuelle, une vision collective, une recherche sincère qui touchent l’auditeur et lui transmettent un plaisir des sons qui s’envolent et une adhésion à la démarche, véritablement assumée. 


Sign of the Times Dunmall Schubert Dessanay Bashford FMR

Encore Dunmall, allez-vous vous récrier ! Il y a bien une série de saxophonistes free-jazz qui « surproduisent » et souvent sans vraiment ajouter quelque chose de neuf à leurs nombreuses publications. Vous connaissez la rengaine : Brötzmann, Vandermark, Gustafsson, Joe Mc Phee etc… alors que d’autres (vrais) génies du saxophone sont clairement sous estimés et nettement moins visibles. On pense à Michel Doneda. De même, je ne parviens plus à suivre les albums du trio de Schlippenbach avec Evan Parker alors qu’Evan est passé maître dans le fait de ne pas se rejouer même si pour beaucoup « cela sonne pareil ». Bis repetita placent, dixint. Paul Dunmall a cette capacité rare de faire évoluer son style plein de triples détachés qui s’emboîtent à vive allure dans tous les azimuts en utilisant toutes ses ressources techniques sans dénaturer son identité musicale, spontanée, instantanée et émotionnelle. Ici, ce sax ténor et soprano exclusif commet la gageure de jouer du sax-alto avec Frank-Paul Schubert, un altiste emporté et musculeux, qui comme Dunmall double au sax soprano dans ce disque. Deux jeunes musiciens proches de Dunmall complètent valablement l’équipée : le contrebassiste Sebastiano Dessanay et le batteur Jim Bashford, en progrès sensibles depuis le Realisation Trio avec Dunmall (cfr albums FMR). Et là, se révèle un mystère de la créativité. Je n’hésite pas à dire qu’avec Evan Parker, Paul Dunmall est sans nul doute un des quelques très grands phénomènes du saxophone ténor de notre époque. Si sa démarche lyrique au sax soprano est plus convenue que celle d’Evan sur le même instrument (ou Doneda et Leimgruber), au ténor il n’a rien à envier à son aîné. La musique de Dunmall plonge plus ses racines dans l’expérience du jazz et son jeu se réfère en filigrane à Coltrane, Rollins, Marsh, Shorter, Ayler etc… alors qu’Evan Parker a largué complètement les amarres entre 1969 et 1980 accordant une très large place au sonore bruitiste et les techniques alternatives en compagnie de Derek Bailey, Jamie Muir, Paul Lytton… Encore une fois, son jeu bouleversant et impétueux dépasse les pronostics. L’empathie entre Frank Paul Schubert est prenante. Il est parfois difficile de distinguer les deux saxophonistes quand ils soufflent à l’alto simultanément ou alternativement. Ils avaient déjà enregistré ensemble avec Alex Schlippenbach pour FMR (Red Dahl) et dans le Willy Kellers Quartet en compagnie de Clayton Thomas. Je fais l’impasse sur la production torrentielle de la majorité de ces saxophonistes très demandés (cfr plus haut), mais j’ai vraiment du mal à éviter un nouveau Dunmall, car il y a toujours une belle surprise, comme je l’expliquais dans la chronique précédente. Et puis sans prévenir , après de furieuses envolées, Dun & Schu jouent un blues magistral en mixant les styles comme des dératés avec l'aide d'une rythmique experte (Blues is the Coulour of My Beloved). Une mention spéciale pour les gravures sur bois originales de Dunmall ornant la pochette du digipack.
Comme Paul Dunmall décline quasi toutes les invitations à se produire en Europe et ailleurs, hors UK, sauf quelques très rares offres à de bonnes conditions, il ne nous reste plus que ses disques. Sign of the Times ?


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