11 novembre 2020

Giancarlo Schiaffini with Errico de Fabritiis Luca Tilli Jørgen Teller and with Giuseppe Giuliano / Antoine Beuger par C.L. Hübsch & P-Y Martel/ Terry Day Derek Bailey Trevor Watts + Amazing Band / Dirk Marwedel Jeff Platz Georg Wolf Jörg Fisher/ New Thing Unit Paulo Alexandre Jorge Ernesto Rodrigues Eduardo Chagas Manuel Guimaraes Miguel Mira Pedro Santo

Kammermusik & Elektrisk guitar Errico de Fabritiis Giancarlo Schiaffini Luca Tilli + Jørgen Teller Setola di Maiale. SM4140

Enfin ! Un groupe qui a compris. Point de batterie et de percussion. La dynamique et les relations – interactions entre chaque instrumentiste ont la possibilité de s’échapper, de dilater, de se préciser. Ce n’est pas que je n’aime pas la batterie, mais il n’en faut pas à tous les coups. Kammermusik est un remarquable trio saxophones – trombone – violoncelle (Errico De Fabritiis, Giancarlo Schiaffini, Luca Tilli) qui s’est adjoint un excellent guitariste électrique à la fois bruitiste et ludique (Jørgen Teller). Neuf improvisations dont une Kammersuite en cinq parties. Les cadences et les échanges se transforment et s’altèrent dans chaque morceau et à l’intérieur de celui-ci. Il est fréquent que l’un des musiciens s’arrête de jouer, change de cap, passe du coq à l’âne ou trouve une répartie astucieuse. La variété des formes et des séquences et leurs enchaînements sont constamment contrariées par les interventions ludiques ou celles-ci établissent des fragments de dialogue mouvants, tournants. On aimera le jeu bruissant avec sourdine du tromboniste, les coups d’archet tranchants du violoncelliste, les explosions contenues du guitariste et sa logique imparable et les formes courtes du saxophoniste (soprano, alto et ténor). Et surtout d’entendre des bribes de phrase énoncée par le trombone ou le violoncelle et répercutée subtilement par un des autres musiciens. Une qualité d’écoute sensible et d’interaction lucide se fait jour et nourrit les échanges créant un panorama sonore en constante évolution – révolution qui suscite l’envie d’une réécoute pour en mesurer les détails, les recoins, les reliefs. Glissandi, sursauts pointillistes, vocalisations, légers crescendos, techniques alternatives, harmonies éclatées, accents surprenants, chocs, fragments mélodiques, morsures et évanescences ; la pluralité des procédés habille et étoffe les moments éphémères, la dilatation du temps, la distorsion de son rapport à l’espace. Des formes naissent, éclosent, se métamorphosent, s’évanouissent remplacées par de nouvelles inventions, réitérations du désir et affirmations d’un langage en gestation. Équilibres instables. Exemplaire.

What’s that noise ? Giancarlo Schiaffini Giuseppe Giuliano Setola di Maiale SM4000

Vous m’excuserez de n’avoir pas chroniqué cet album du tromboniste Giancarlo Schiaffini avec le pianiste Giuseppe Giuliano plus tôt. J’avais un problème de lecture avec mon vieil appareil HHB qui est aussi une machine à enregistrer des CD’r dont ceux destinés à imprimer des masters professionnels. Il fait des siennes surtout lorsque mes doigts sont maculés d’avoir mangé juste avant. Rien à dire : c’est un grand plaisir d’écouter Giancarlo Schiaffini, un tromboniste free improvisateur des tous débuts avec un talent rare, des sonorités travaillées, graveleuses, étirées, vocalisées, avec des recherches de timbre et un travail sur la dynamique. Son collègue joue du piano dans un style vingtiémiste qui en contrastant avec les sonorités ferraillantes et pneumatiques du tromboniste renforce son acuité et sa singularité. Quatre compositions sont interprétées ici : Traccia Sospesa de Giovanni Costantini avec electronics, Coniugazioni de Corrado Rojac pour piano solo, Strati de Stanislav Makovsky et l’Oca di Giuseppe de Giancarlo Schiaffini. Les cinq autres morceaux sont des improvisations libres réjouissantes et bien calibrées. Si on aime Paul Rutherford at Günter Christmann, il faut absolument écouter Giancarlo Schiaffini. Son Memo From en duo avec Michele Iannacone paru sur le légendaire label Cramps est une pièce maîtresse de la free music européenne. Il faut vraiment écouter ces quatre compositions car elles apportent une toute autre perspective à cet album et aux improvisations. Franchement, cet album est une réelle réussite et les notes de pochette comportent des commentaires bienvenus. J’écoute avec grand plaisir Giancarlo et son pote pianiste dialoguer et jouer le mieux possible les compositions. Un bel album . What’s that noise ? But music !!

Dedekind duos (2003) Antoine Beuger par Carl Ludwig Hübsch et Pierre-Yves Martel. Inexhaustible editions ie-023 https://inexhaustibleeditions.bandcamp.com/album/dedekind-duos

Le label Inexhaustible editions s’affirme comme une plate-forme incontournable et pointue en matière de musiques improvisées et « composées – alternatives » contemporaines (comme Confront, another timbre, Potlatch, Creative Sources, etc…). Leurs pochettes monochromes blanches avec caractères d’imprimerie noirs recèlent des compositeurs travaillant à la frange de l’improvisation. Antoine Beuger a écrit les dedekind duos (2003), en se référant à Julius Wilhelm Richard Dedekind (6-10-31 – 12-02-1916), tout en adressant cette composition à des musiciens (de préférence) amis, car dit-il, ils doivent le connaître personnellement pour interpréter sa musique. Ici, le tandem Carl Ludwig Hübsch (tuba) et Pierre-Yves Martel (viole de gambe) joue ces dedekind duos dont le compositeur dissèque certains tenants et aboutissants dans des notes de pochette éclairantes. À l’écoute, on entend les artistes très concentrés soutenir des notes tenues assez brèves dont la résonnance/ réverbération s’échappe dans le silence et dont l’architecture linéaire - où le sens de la perspective est infime – est constamment modifiée avec une lente et précise application, paramètre par paramètre… dans des détails pas toujours immédiatement perceptibles. Il faut écouter avec la même attention que pour un album de musique plus complexe et plus « fourni ». Les deux artistes développent la musique durant 49 minutes 33 secondes. C’est en soi une véritable performance. Ce travail est aussi à la base du travail instrumental le plus basique auquel ils confèrent une profonde dimension esthétique. Il faut entendre la vibration de chaque corde frottée par Pierre-Yves Martel évoluer dans des registres de timbres très différents sans jamais fausser le caractère fondamental de la composition. Son compagnon choisit l’intonation dans son embouchure en symbiose avec celle de la viole de gambe, instrument roi de la musique d’une autre temps, celui du Roi Soleil, autre fois souverain du Canada, pays d’origine du cordiste.
À ceux qui parmi les afficionados de l’improvisation qu’on qualifierait de plus « conventionnelle », car moins minimaliste, et qui récuse cette forme de « minimalisme », je peux témoigner, en tant que chanteur vocaliste, que l’implication totale de ces deux artistes est l’évidence même. En effet, selon mon expérience de vocaliste autodidacte n’ayant jamais suivi aucun cours ( !) et dont le talent est reconnu par des « pointures légendaires », la base même du chant organique est de pouvoir tenir UNE SEULE NOTE dans un temps précis (avec crescendo , haha !) sans la moindre déviation (vers le haut ou le bas) et changement de timbre avec une certaine majesté et que cela demande autant de concentration, de technique et d’effort que de « jouer », chanter et se laisser aller à improviser librement, à parcourir les gammes en piochant dans leur ordonnancement. De là à ce que des musiciens fassent de cette pratique l’objet d’une œuvre est donc bien légitime. Ici les micro-sections évoluent pour le plaisir de nos oreilles, il faut de la patience pour s’en apercevoir. Et la patience est le maître mot des musiciens itinérants face aux aléas de la scène et de la vie. Un très bon point.
Cela dit, la question de « l’amitié » requise par Beuger (dans son texte) pour improviser valablement en duo est, à mon avis, contredite par les circonstances effectives de la vie des improvisateurs. J’ai dû moi-même improviser sur scène avec des musiciens que je n’avais jamais rencontré auparavant et l’expérience fut concluante , enregistrements à l’appui. C’est d’ailleurs à cela que de nombreux improvisateurs sont forcés s’ils veulent sortir de leur trou et évoluer positivement. Je viens encore de produire un chef d’œuvre de deux musiciens qui ne se connaissaient pas auparavant et ont enregistré leur premier duo sans avoir même pu essayer cette formule avant la session proprement dite. Une fois ce premier pas franchi, c’est un véritable esprit amical qui naît, indispensable à une entente créative ultérieure. Le mystère de la musique.

Derek Bailey Terry Day Trevor Watts + Amazing Band at the Little Theatre Club. Café OTO DL https://www.cafeoto.co.uk/shop/derek-bailey-trevor-watts-terry-day-at-ltc-amazing/

Un enregistrement cassette mixé et masterisé par Yadley Day, le fils de Terry Day. Cela a dû être enregistré au Little Theatre Club, Garrick’s Yard, St Martin’s Lane, lieu minuscule situé au troisième étage d’un bâtiment londonien accessible par ses escaliers extérieurs. Date non précisée et si on se fie aux sonorités des musiciens, cela devrait être vers 1973/74. L’endroit qui accueillait un théâtre était le point de convergence d’une micro-scène musicale, fréquenté par une poignée de curieux et les musiciens qui contribuèrent à créer la musique improvisée libre « londonienne » et cela de 1966 à 1974. John Stevens, Trevor Watts, Derek Bailey, Evan Parker, Chris Mc Gregor, Paul Rutherford, Barry Guy et Terry Day, … Au fil des ans, s’ajoutèrent Jamie Muir, Maggie Nicols, Christine Jeffrey, Johny Dyani, Steve Beresford, John Russell, Marcio Mattos, Phil Wachsmann, David Toop, Lol Coxhill, Ian Brighton, Roger Smith et beaucoup d’autres. Le Café Oto, lieu actuel le plus important aujourd’hui, offre dans son site web des vinyles et cd’s estampillés OTO ainsi que des téléchargements d’albums virtuels tels que celui-ci. On reconnaît volontiers la guitare électrique et webernienne de Derek Bailey avec ses harmoniques, le style intense vocalisé et hérissé au sax soprano de Trevor Watts et la frappe aiguë et volatile de Terry Day. Participent aussi un pianiste non mentionné dans les crédits, le murmure de l’ampli et la voix lointaine d’un homme qui devait raconter une histoire à Jean Pritchard, la propriétaire des lieux. Celle-ci accueillait volontiers cette série de concerts passés dans la légende. Trois morceaux avec ce trio (plus ?) de 7, 6 et 16 minutes. En final, Watts et Day rejoints durant 27 minutes par l’Amazing Band, un groupe Londonien légendaire qui fut fondé par le trompettiste et dessinateur Mal Dean, connu pour le dessin de pochette du vinyle duo de Derek Bailey et Han Bennink, Performances at Verity’s Place (Incus 9) et dont le batteur initial fut Robert Wyatt, le guitariste, Jim Mullen. Aux côtés de Mal Dean à cette époque le groupe était composé du saxophoniste Mike Brannen un pilier du groupe, le tromboniste Radu Malfatti (alors Londonien), John Russell à la guitare, Marcio Mattos à la contrebasse et Terry Day. La musique est volatile et on distingue les musiciens et … des conversations. Il s’agit sans doute d’un des derniers concerts de ce groupe dont un seul album a été publiés il y a une vingtaine d’années par FMR. Présents et reconnaissables, Dean, Malfatti, Day, Mattos, Watts, Brannen, mais point de John Russell. On entend aussi, un instrument à vent qui évoque les grognements d’une clarinette contrebasse. Force est de constater qu’à travers ce rare témoignage le concernant, Terry Day avait acquis un style très personnel, et imprimé sa marque d’un excellent batteur. Son jeu aéré, détaillé et concentré convient parfaitement à cette musique atomisée et évolutive. On découvre la trompette sinueuse de Mal Dean et ce qui distingue Watts de Brannen, l’articulation contrôlée et la fureur expressionniste de part et d'autre, le style caractéristique de Radu Malfatti, qui avait alors enregistré Balance (Incus 11) avec Frank Perry, Ian Brighton, Phil Wachsmann et Colin Wood, un authentique et rare chef d’œuvre. Cet album digital Oto est intéressant, spécialement pour Terry Day, musicien très très peu documenté à cette époque. Paul Lytton m’a révélé avoir découvert ce qu’était vraiment l’improvisation libre en entendant Terry Day improviser au saxophone dans son atelier de peintre où siégeait une modèle alors qu’il fréquentait déjà le LTC auparavant dès 1967.

Dirk Marwedel Jeff Platz Georg Wolf Jörg Fischer Pebbles and Pearls Setola di Maiale

Setola di Maiale est un label énorme par le volume considérable de compact discs et cd’r produits (420 !) et qui, jusqu’il y a quelques années, se cantonnait à la musique improvisée – free jazz – expérimentale italienne. Outre son responsable, le batteur Stefano Giust, une personnalité solaire avec une énergie hors du commun, on relève des artistes italiens comme Massimo Falascone, Nicola Guazzaloca, Giorgio Pacorig, Edoardo Marraffa, Giancarlo Schiaffini, Gianni Mimmo, Gianni Gebbia, Alessandra Novaga, Marcello Magliocchi. Depuis quelques années, Thollem McDonas, Tim Hodgkinson, Yoko Miura, Ove Volquartz, moi-même, Lawrence Casserley, Evan Parker, Ivo Perelman se retrouvent sur ce label au graphisme très soigné. Voici maintenant un groupe allemand avec un invité américain, le guitariste Jeff Platz. Trois personnalités de l’improvisation libre pointue germaniques : le saxophoniste Dirk Marwedel, le contrebassiste Georg Wolf et le percussionniste Jörg Fischer, développent ici une dynamique, un tissu d’interventions émaillé de silences révélateurs, et de détails sonores expressifs et singuliers. Sur la plage on distingue des perles au milieu des galets usés par le flux incessant de la musique : Pebbles and Pearls. On distingue particulièrement les trouvailles soniques de Jörg Fischer dont la batterie est truffée d’accessoires créant une espèce de parcours d’obstacles ludiques de timbres et de bruits curieux vers lequel notre écoute en devient aimantée. Un pointillisme de l’instant où le silence joue un rôle moteur : un bel exemple d’improvisation libre radicale où le sens des pulsations joue un rôle aussi prépondérant que la capacité innée à moduler textures, courbes, spirales, harmoniques… À noter : les efforts récompensés du guitariste Jeff Platz pour s’insérer dans les constructions rhénanes, le travail exemplaire du contrebassiste Georg Wolf à l’archet et la prise de son de son acolyte Ulli Philipp avec qui G.W. forme un magnifique duo de contrebasses, cfr Tensid – NurNicht Nur. Ce label accueille aussi les projets de Dirk Marwedel, un saxophoniste remarquable. La musique du collectif est parfois aiguillée vers une zone plus proche du free jazz et une configuration nettement plus dense des énergies, en apothéose. Leur pratique de l’improvisation tranche avec celle plus lyrique et linéaire des artistes de la péninsule documentés par le label Setola di Maiale. J’ai toujours pensé que les labels de musiques improvisées à ligne éditoriale très définie travaillaient à contre-emploi quel que soit leur orientation. Présenter des musiques (très) différentes enrichit la scène musicale et permet au public des auditeurs de tous bords d’appréhender des esthétiques différentes, car le champ de ces musiques est basé avant tout sur la rencontre et le dialogue, la recherche et le plaisir d’écouter la musique sans préjugé, a priori et définitionnisme… Et on trouve souvent le même musicien dans des aventures aux aspects diamétralement opposés. Je pense à cet extraordinaire contrebassiste et compositeur qui vient de nous quitter, Simon H Fell. Un excellent album à mettre dans les mains des supporters des labels Not Two Records, No Business, Clean Feed, Impakt, Fudacja Sluchaj, etc... C’est cette ouverture esthétique qui fait jouer un rôle incontournable au label de Stefano Giust dans la scène italienne, bien dans la ligne d’un leitmotiv de la scène improvisée libre : Nothing is allowed. Everything may (or can) happen ! Celui qui pourra citer l’auteur de cet adage, recevra un cédé surprise !!

New Thing Unit For Cecil Taylor : Paulo Alexandre Jorge Ernesto Rodrigues Eduardo Chagas Manuel Guimaraes Miguel Mira Pedro Santo. Creative Sources CS 527 CD

On retrouve l’esprit de Cecil Taylor et de son Unit dans cette musique « free-jazz » enregistrée au Studio Namouche à Lisbonne. On n’aurait jamais imaginé il y a quinze ou même sept ans entendre un tel album chez Creative Sources, ni trouver le très classieux altiste Ernesto Rodrigues en telle compagnie. Le violoncelliste Miguel Mira est plus coutumier du fait avec Rodrigo Amado et Gabriel Ferrandini. Mais foin de spéculations esthétiques, vous avez ici du bon vieux free jazz joué collectivement avec deux excellents cordistes qui virevoltent , un pianiste compétent, un tromboniste allumé, un saxophoniste ténor enflammé et un batteur qui se bonifie tout au long de la session. Quatre parties dont les deux premières hautes en couleur avec des vagues incandescentes, des parties monodiques des cuivres évoluant par-dessus l’activité trépidante autour du batteur et du violoncelliste. Le troisième morceau se focalise sur les deux cordes qui scient à tout va, le tromboniste Eduardo Chagas hachant menu la colonne d’air et le pianiste piquetant ses commentaires avisés. Le sax emboîte le pas en faisant chuinter, grincer sa sonorité jusqu’aux harmoniques sauvages et frustes et le tromboniste soufflant à pleins poumons. Le travail de Jorge dans les harmoniques est méritant et la sensibilité et les idées d’Ernesto Rodrigues remonte à la surface apportant une couleur qui complète les morsures sur l’anche du saxophoniste. Chacun apporte sa pierre à l’édifice en faisant varier les plaisirs pour que cela s’écoute encore après vingt minutes et plus. Ça joue à l’emporte-pièce et cela me rappelle l’excitation éprouvée avec ces albums ESp, BYG et America de Frank Wright, Sunny Murray, Alan Shorter etc... Ça évolue dans des sphères plus mystérieuses et espacées tout en soutenant l’atmosphère un peu dramatique. La quatrième partie commence avec un riff du violoncelliste et le jeu passionné et extrême du violoniste, introduisant un motif mélodique ressassé du ténor, et les raclements du trombone, parfait leitmotiv pour l’empoignade finale … Du free en somme. Pour Cecil Taylor.

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